28/02/2005

Rendre heureux

Pour rendre Babette heureuse, il suffisait que l'on filme des sorties de champ. (Par exemple : un personnage sort du cadre.) Là, je viens de lui dire : "Oui, Babette, nous allons faire une sortie de champ."

Pour rendre Bouli heureux, il suffisait qu'il puisse jouer avec un talkie-walkie. Ici, on le lui a confisqué, et il me scie pour qu'on le lui rende.

[Stefan Liberski]

11:50 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (14) |  Facebook |

27/02/2005

Making of

Sur le tournage nous étions deux à regarder les autres travailler. Ne l’interprétez pas mal, nous étions là pour cela, nous travaillions aussi.
Moi, alias Monsieur Blog, pour capter ce qui fait ce que vous lisez et Ariane pour réaliser le making of. J’ai envoyé un petit mail interview/portrait à Ariane, voici ses réponses.

Ariane Lippens - Réalisatrice et Monteuse - Réalise le making of du film

En quoi consiste un « making of » ?
Un making of donne l'opportunité aux spectateurs d'entrer dans l'envers du décor du tournage d'un film: c'est à dire: voir le directeur en action, les comédiens sur et en dehors du plateau, voir les petits trucs utilisés au cinéma, sentir l'ambiance du plateau, des loges, entendre les commentaires du réalisateur/des comédiens sur telle ou telle scène... mieux comprendre le travail d'équipe d'un plateau.

Comment perçois-tu le tournage du tournage ?
Je pense qu'il faut se faire oublier pour capter les bons moments d'un tournage... mais c'est aussi très amusant d'avoir une interaction avec les comédiens: devant la camera du making of, les comédiens peuvent être 'eux-mêmes' et se lâchent souvent entre deux prises.

Comment as-tu décroché le poste ?
J'ai appris qu'Artemis Productions cherchait quelqu'un pour le poste... et j'ai envoyé mon CV. J'avais déjà réalisé plusieurs making of sur des courts-métrages, j'ai aussi monté celui de 'Haute Tension', un film d'Alxandre Aja. J'avais très envie de faire le making of de ce tournage 'pur-belge', la caméra à la main...

Tu as pu capter des scènes fortes ?
Je l'espère!

Tu me parlerais de Future Shorts ou de tes projets personnels ?
Nous avons importé le concept de 'Future Shorts' de Londres: il s'agit de soirées de projection de courts-métrages, tous les derniers lundis du mois.
Les buts premiers de Future Shorts sont:
- La promotion et la diffusion de courts-métrages en prolongeant leur vie souvent limitée aux festivals et aux concours
- La création d'une plateforme d’échange internationale pour ces films.
Future Shorts existe déjà à Londres, Bristol, Paris, Toulouse, Manchester et est en projet pour Barcelone, Amsterdam, Moscou et Lisbonne.
- Permettre aux réalisateurs de présenter leur film à un public composé de professionnels et d’amateurs dans le cadre détendu et propice au dialogue du jazz club, le Studio Athanor.

Depuis le début des soirées Future Shorts en mars 2004, nous avons projeté environ 100 courts-métrages à un public très enthousiaste!Stefan Liberski est d'ailleurs venu y présenter son excellent film: "Bruxelles-Paris-Bruxelles" dans lequel jouent Bouli Lanners et François Vincentelli.

Je viens de terminer le tournage de "Le Devoir", mon premier court-métrage 'professionel', réalisé avec l’aide de la communauté française.Les images 35mm sont montées [quelques photos], le son et les images 3D de Bruno l'extraterrestre [http://www.synthetique.com] sont en cours...

Pour toute information sur Future Shorts: http://www.futureshorts.be

PS : le prochain futureshorts c'est ce lundi !

[Denis Balencourt]

16:23 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Enregistrement Musique

18 février. Enregistrement de la musique "narrative".
Piano solo, musique composée et interprétée par Casimir Liberski

Photos : Thomas Brémond
[Stefan Liberski]

09:33 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (36) |  Facebook |

Les étapes suivantes

Pendant 7 semaines l’équipe a engrangé de la matière première : des images & des sons. Maintenant commence (en fait elle a commencé le 24 janvier avec le début du montage de la première partie des images) ou reste (c’est plus correct) la période de post-production, durant laquelle il faudra de cette matière faire un film, c’est-à-dire (je ne comprends pas encore tous les mots de la liste !, je la livre brute de décoffrage) faire :

Synchro rushes – Assistanat
Montage Image
Montage Image Bande Annonce
Création générique
Shoots plans truqués
Montage Négatif
Transfert 2K
Etalonnage film
KINESCOPAGE COPIE ZERO MUETTE
Interpositif & Internégatif
Copie 1 Sonore
Copie de série
TC Beta Digit
Sous titrage
Musiques
Enregistrement Musiques
Mixage Musiques
Montage Son
Montage des Directs etc
Post-Synchro
Bruitage
Mixage Voix - DEF et VI
Tirage opt. & dévelop.

Ce n’est pas rien !

[DB]

09:28 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/02/2005

Fête

A regarder l’équipe, de mon point de vue saccadé, filmer tant de soirées j’avais, je l’avoue, développé la question de « savent-ils faire la fête ceux qui bossent tant ? ». Le constat est sans appel : oui.

Le 17 février au soir dans une salle de fête à la déco orientale, il y avait un gyrophare détecteur de bruit. La musique et l’ambiance ne l’ont pas dérangé. Pourtant personne ne s’est privé d’être là.

[DB]

15:56 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Rendre le matériel

Le lendemain d’un tournage, il faut rendre les voitures, les camions, et l’ensemble du matériel loué pour réaliser le film. La régie commençait avant les autres et termine aussi après les autres. Si vous envisagez une carrière comme régisseur, il est spécialement conseillé ne pas aimer dormir.

[DB]

11:25 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Fin de tournage

Le tournage s’est officiellement achevé quelque part entre le 16 et le 17 février 2005, de nuit, à Zaventem.

[DB]

11:24 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/02/2005

Soigner les ventres

A proximité du Mogador sont installés aux étages d’un immeuble le HMC, la table régie et la cantine. La concentration du maquillage, des victuailles et la pression du froid glacial de cette mi-février font que dès qu’un moment d’inactivité se présente les figurants et l’équipe viennent se réfugier ici. Animation garantie, curiosité déployée sur tout les fronts : qui est qui et qui fait quoi ? Le tout entrecoupé de discussions sur les avantages comparés du Maroc en cette saison et l’unique degré Celsius qui nous tient lieu de température.

Pendant ce temps imperturbables, Lorenzo & Daniel cuisinent une harira et un couscous. Ils sont confiants.

[DB]

12:57 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook |

23/02/2005

Passage de porte

Fin d’après-midi. La scène à tourner est un plan de coupe, quelques secondes, un moment bref. Il s’agit de suivre de dos Laetitia au moment où elle entre dans le Mogador. Audrey Marnay fait quelques pas, pousse la porte et la laisse se refermer. Un « couper » fuse. Stefan Liberski entre à son tour dans le Mogador et félicite Audrey pour son jeu. « Quelle expressivité dramatique. Il n’y a personne qui joue ainsi avec son dos. » Duo de sourires inimitables. Stefan reprend : « Sauf peut-être Marlon Brando ».

[DB]

17:36 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

22/02/2005

Post-production

Pour éviter que nos silhouettes ne se reflètent dans la vitrine du Mogador, nous sommes priés de nous dissimuler derrières les véhicules stationnés sur la place.


Ce repli me permet d’avoir une longue conversation avec Julien sur l’avancement du montage. Il m’avait laissé entendre que celui-ci débuterait en parallèle à la fin du tournage. Il m’annonce que plus de 40 minutes sont déjà montées et que le travail se fait principalement en numérique pour gagner du temps. Cela évite de devoir tirer des copies pellicules, de les étalonner, manipulations qui prennent du temps. C’est que certaines échéances de soumission aux jurys de sélection des festivals se clôturent début avril, il s’agit donc de ne pas traîner. Julien m’apprend que Bouli Lanners est quant à lui à Berlin et que son film Ultranova devrait être vu dans la sélection panorama de la Berlinale.

[Les nouvelles sont plutôt bonnes pour lui.]

La production est aussi très affairée à négocier les droits pour les musiques du film, sur base des sélections du réalisateur et en fonction des budgets disponibles, éléments qui ne sont pas toujours conciliables avec les attentes des labels.

16:29 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/02/2005

Retrouver le Nord

Ces 3 dernières semaines, le tournage a quitté les beaux quartiers, les yachts et les demeures luxueuses pour s’implanter aux abords d’une friterie, dans un appartement bruxellois moyen et sur la place communale de Molenbeek. Contraste.
La caméra délaisse les nantis et plonge dans l’univers de Mimmo, jeune taximan ayant ses habitudes au Mogador.

Le Mogador est un croisement entre le night-shop et le salon de thé. Les accents des figurants y sont plus chauds qu’au Sud de Bruxelles. Dans ce lieu Mimmo a ses habitudes et retrouve ses anciens amis. Les scènes du jour narrent une visite surprise de Laetitia dans un lieu où sa présence tient du miracle.

22:32 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/02/2005

JT

Diffusé le dimanche 6 février
un reportage de Chantal Lemaire
pour le Journal Télévisé de la RTBF

09:23 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/02/2005

Minois

Ci-dessous : Miss Maïté. Prix de la douceur fatale. Je ne pourrai plus jamais faire un autre film sans elle.

Ici, Anton, Charlotte et Bouli cachent mal leur joie en voyant arriver Stéphane Quinet (le directeur de production) alors qu'il reste trois plans à tourner et qu'on est déjà en heure sup'.

Ici, petite explication : Avec l'autre main, Audrey me pique un chocolat ( Marcolini). J'en ai toujours un sachet dans ma poche. Soit dit en passant : je ne me suis rendu compte de rien. Elle est très forte.

[Stefan Liberski]

14:52 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

09/02/2005

Les assistants réa

Petite discussion explicative avec David (N°3) sur les assistants du réalisateur. Condensé :

Au nombre de trois, il existe une subtile hiérarchie au sein des assistants réalisateurs. Le premier, le deuxième et le troisième ont chacun leur spécificité.

Le 3e fait le relais avec les acteurs en HMC (Habillage – Maquillage – Costume) pour être sûr qu’ils soient prêts au moment voulu et qu’ils se présentent sur le plateau à temps.

Le 2e place la figuration dans le champ, règle ses déplacements et fait le relais des indication du premier. Sur KKP il répond au doux surnom de Jazz.

Le premier est l’assistant privilégié du réalisateur, il transpose le scénario en plan de travail et supervise la mise en place globale du plan dans ses aspects techniques et temporels, laissant au réalisateur le soin de diriger les acteurs. Christophe a le talent de déployer l'adrénaline nécessaire.


Christophe (concentré) - Jazz (tout sourire) - David (à l'écoute)

[Denis Balencourt]

12:55 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

03/02/2005

Canterbury

Dimanche. Traditionnel jour du repas familial, l’équipe a investi un resto cossu d’Ixelles. Les acteurs présents sont Jean-Pierre Cassel, Jean-Paul Rouve et Anna Bondareva, ils sont la famille Devau. En plus des acteurs et de l’équipe sont en visite les parents de Jean-Paul Rouve.

La scène tournée l’après-midi est un monologue très dur où le père Devau dit son fait sans ambages à John, son fils. La scène est jouée plusieurs fois d’affilée pour permettre le tournage de contre-champ. John en prend pour son grade de nombreuses fois.

Au sortir de la prise Jean-Pierre Cassel au père Rouve :
« Je suis un bon Papa, non ? »

[Denis Balencourt]

14:38 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

02/02/2005

Le son

Repas en compagnie de Christian Monheim, ingénieur du son, qui a la gentillesse de me parler de son métier. Le travail de l’ingé son (pour faire court) est de capter les dialogues et certaines ambiances qu’il ne serait pas possible de recréer au moment du bruitage. Pour ce faire il est aidé de son perchman : Seppe.

Seppe fait balader sa perche et le micro qui la termine d’une bouche à l’autre en longeant les limites du cadre pour ne pas être vu. Cet exercice ne lui fait pas peur, il ne craint en fait que d’arriver en retard sur le plateau. Pour le reste en plus d’être capable de tout faire, il cuisine le meilleur spagh bolo du monde. Enfin c’est lui qui le dit. Christian m’explique que si le décor ou l’éclairage ne permettent pas l’utilisation de la perche (les ombres portées sur les visages ou à l’arrière plan, un lustre qui rend impossible les mouvements) il place aussi des micro cravates pour capter les voix. Ce n’est pas le plus simple, les acteurs n’aiment pas particulièrement être équipés d’un micro « espion » qui les écoute constamment et le risque d’avoir des bruits de vêtement ou autres parasites sonores n’est pas nul. Pour la technique les sons enregistrés le sont en mono, c'est-à-dire qu’il n’y a pas de différence entre la gauche et la droite, pas de stéréo. Cette transformation se réalise en studio après le tournage au moment du mixage. La piste des voix est isolée des pistes bruitage et musique afin de permettre le doublage sans risque de faire disparaître les ambiances.

[Denis Balencourt]

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dix mille

Qui est le 10.000e visiteur ?

[DB]

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01/02/2005

Bousval

Pour me rendre sur le tournage il me faut traverser des paysages brabançons figés par la neige. Les routes encaissées sont glissantes et les étangs sont des étendues blanches duveteuses. Il fait glacial.

Au bout d’un chemin pavé, un château abrite le tournage pour la journée. La demeure à la décoration champêtre et martiale regorge de massacres de cerfs du 19e, de portraits de famille et de tableaux anciens.

Alice m’accueille et m’explique que l’équipe est dans les bois qui tourne les derniers plans de la scène finale du film. Je retrouve dans une belle et vaste pièce Audrey et découvre Alexia qui évoquent des souvenirs de tournage et de production mode autour de la table régie. Audrey évoque une pub de Dior, comment s’appelait cette fille couverte de peinture dorée ?
Moi – Je me suis toujours demandé comment ils ont fait ?
Alexia - J’y étais, c’était des pigments et des types qui brassaient le liquide pendant des heures.
Audrey - N’y a-t-il pas une actrice qui faisant pareil y a laissé sa peau dans un Bond ?
Moi – [Pour rire] Ca doit poser des questions avant de plonger ?

Le retour de l’équipe interrompt la conversation. Pendant un long moment à la façon d’un vaudeville les portes vont s’ouvrir et laisser entrer et sortir quasiment toute l’équipe. Vincent cherche à réparer la caméra, Guy cherche un cendrier pour sa déco, Seppe soude un câble pour dépanner la caméra, Barbara fait un pansement à Alice qui souffre en silence depuis que la porte d’un camion s’est refermée sur son bras… il y a 4 jours. Vincent est reconnaissant du travail de Seppe, Stefan passe voir une série de photos de maisons typiquement bruxelloises, le lendemain c’est repérage. Christophe décompresse, Stéphane passe des coups de fil, des blagues fusent dans les talkies.

Pour rassurer tout le monde dans Goldfinger si la scène joue sur la suffocation, l’actrice elle n’a pas eu à subir le même sort que son personnage.
Une légende urbaine qui a la peau dure.

[Denis Balencourt]

14:46 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |