26/01/2005

Fin du tournage au « Bunker ».

On remballe. La déco démonte. Alors que nous tournons encore une scène à la grille d’entrée, on voit passer (entre les prises) les canapés, les lampadaires, les chaises et les mille choses qui ont fabriqué le petit monde de John D., ce petit monde qui n’aura jamais d’existence réelle. Seules les images le connaissent et le retiennent. Etrange sentiment : pendant tous ces jours, il y a eu ici une histoire qui n’a jamais eu lieu.

La force du simulacre. Voyant les rushes, c’est ce qui me frappe chaque fois (bêtement) En général, il suffit d’un morceau de chambre, et le cerveau recrée toute la maison. Comme à partir d’une cellule souche. L’imagination a horreur du vide.
(Si j’enfonce une porte ouverte, écartez-vous pour me laisser passer. Je risque d’en enfoncer d’autres, je suis en forme.)
Le « Bunker » redevient une maison. Un corps de pierre. Nostalgie, déjà. Pas celle du Bunker. Plutôt celle du « camp », de la cabane qu’on aurait fait dans les bois, enfant, et qu’on laisse pour ne jamais la retrouver.

[Stefan Liberski]

Anna Bondareva

Cassel repassant son texte dans une Roll's.

11:10 Écrit par Denis Balencourt | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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